
Photo : Fédération Royale Marocaine de Football
Et oui ! On a finalement versé ces larmes de joie. La dernière fois que ça s’est produit, c’était en passant à la demi-finale de la Coupe du monde au Qatar… Et comme par hasard, il s’appelle Youssef En-Nesyri, notre libérateur.
Ce dernier penalty ne nous propulse pas juste pour une finale de Coupe d’Afrique, qu’on n’a pas jouée depuis 2004, mais nous libère aussi d’une pression énorme, d’un mélange de sentiments bouleversés, d’une transition de la douleur vers le soulagement : un mix de sensations que seul un match de foot peut nous offrir, et que notre équipe nationale nous procure… en toute intégrité.
Le match, tout le monde l’a suivi. Mais la journée était trop longue, et la soirée encore plus… Depuis le bon matin où je devais passer en direct avec une émission à l’autre bout de l’Asie pour parler de cette demi-finale de CAN, jusqu’au moment où je poserai la tête sur l’oreiller pour rêver encore plus grand.
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Je l’avais pressenti, ce scénario fatidique. Dès mon entrée au stade, quatre heures avant le coup d’envoi. Je m’avançais vers ma collègue Maha, qui filmait une vidéo. Elle m’interroge sur mon pronostic, et le pessimiste que je suis lance cette phrase : « On va filer jusqu’au bout de la nuit… Prolongations puis tirs au but. » Je poursuis : « On ne peut pas gagner une CAN sans passer par là. »
On ne peut pas vivre une émotion pareille sans souffrir. Je l’ai appris tout au long de mon vécu avec le football : je l’ai déjà connu au Mondial 2022 et aussi avec mon équipe de cœur, le Raja de Casablanca, depuis tout jeune.
Pour combattre le stress, on connaît la routine : on lance des blagues de partout, on échange sur plein de sujets entre journalistes, et on regarde l’autre demi-finale entre l’Égypte et le Sénégal. C’était diffusé aussi sur les grands écrans du stade Moulay-Abdellah.
Dans la tribune média, certes, on n’est pas dans le compte officiel des 65 458 spectateurs, mais nous aussi, on était des centaines à fond derrière notre sélection — malgré l’éthique et le statut qui obligent. Nous n’avons pas le droit de filmer, mais on ne peut pas s’empêcher de célébrer… dossier à débat.
Mais l’instant est juste magnifique. On était enviés d’être parmi ces milliers de chanceux qui ont vécu une qualification pour la finale de la CAN. Ibtissam, à côté de moi, avait juste trois ans lors de la finale 2004, tandis qu’Adil Benmalek était présent en tant que journaliste pour couvrir la CAN en Tunisie. C’est Ibtissam qui m’a pris en photo avec Adil à la fin du match.
Pour être franc avec vous… je ne me rappelle plus comment on a suivi la séance de penalties. J’ai vu une vidéo de moi qui verse des larmes, certainement de joie.
J’ai vu ça dans la salle de conférence d’après-match, quand notre confrère Ahmed Talal a encore lâché une question en anglais pour Yassine Bounou. L’homme de la soirée lui a répondu : « Tu gardes toujours ton anglais correct. » Un retour sur la question après Maroc–Espagne, en huitième de finale de la Coupe du monde… toujours avec le sourire classe de notre gardien de la tanière.
😄🇲🇦 « L’anglais baqa nqiya. »
Bounou taquine encore un journaliste marocain … clin d’œil à Qatar 2022. pic.twitter.com/obdjTt54yF
— Le360 (@Le360fr) January 14, 2026
Je n’ai pas pu poser ma question pour le coach Walid Regragui, vu l’afflux sur les micros. Peut-être que je le ferai dimanche prochain pour notre champion d’Afrique… inshallah.
Et comme on dit chez nous… Dima Maghreb.