Dans une déclaration forte publiée ce 18 mars sur le site de l’instance, le président de la CAF, Patrice Motsepe, n’a pas caché sa profonde déception » face aux événements qui ont entaché la finale. Mais au-delà de la déception personnelle, c’est un constat lucide qu’il livre : « L’absence de confiance dans la CAF est une question héritée depuis de nombreuses années ». Une phrase lourde de sens, prononcée par l’homme qui, depuis 2021, promettait de tourner la page des soupçons, des arbitrages contestés et des décisions opaques.
Patrice Motsepe rappelle les efforts déployés par la CAF : sélection de juges et avocats indépendants issus des 54 pays membres, renforcement des procédures pour garantir la neutralité et l’intégrité. Pourtant, la réalité est têtue. La commission disciplinaire avait pris une décision, la commission d’appel en a pris une autre radicalement opposée. Cette divergence, loin de démontrer l’indépendance des organes, renforce chez beaucoup le sentiment d’un système imprévisible, voire arbitraire.
Patrice Motsepe dans sa déclaration : « L’absence de confiance dans la CAF est une question héritée depuis de nombreuses années ». pic.twitter.com/8DGSIdv6To
— Ablam GNAMESSO (@AblamGnamesso) March 18, 2026
Le Sénégal, qui a déjà annoncé son intention de saisir le Tribunal arbitral du sport (TAS), incarne aujourd’hui la frustration d’une grande partie du continent. Mais au-delà du cas sénégalais, c’est toute la crédibilité du football africain qui est en jeu. Quand une finale de CAN se termine par un titre attribué sur décision administrative plutôt que sur le terrain, les supporters, les joueurs et même les sponsors commencent à douter.
Patrice Motsepe insiste : « Aucune nation africaine ne sera traitée de manière préférentielle ». Il promet que la CAF respectera toute décision du TAS et s’engager à corriger les failles identifiées. Des mots nécessaires, mais qui sonnent un peu creux après tant d’années de promesses similaires.
La question désormais est simple : la CAF saura-t-elle transformer cette crise en opportunité de réforme profonde ? Ou continuer-t-elle à gérer au cas par cas, au risque d’alimenter encore davantage la défiance ?