
Omar Artan écarté pour ses crampons.
À quelques heures du choc tant attendu des quarts de finale de la CAN 2025 entre l’Algérie et le Nigeria, ce samedi 10 janvier 2026, 16h GMT au Grand Stade de Marrakech, tous les regards se tournent vers le corps arbitral. Et pour cause : la désignation des officiels pour ce quart de finale de la CAN 2025 a viré au véritable saga ces derniers jours, entre nomination surprise, exclusion pour une raison pour le moins insolite et débats enflammés sur la neutralité et la crédibilité de l’arbitrage continental.
Tout commence le 7 janvier 2026, la CAF annonce la désignation du Somalien Omar Abdulkadir Artan pour diriger la rencontre. À 33 ans, l’homme vient d’être sacré Arbitre africain de l’année 2025 et ses prestations jusque-là dans la compétition étaient largement saluées pour leur rigueur et leur sang-froid. Pour beaucoup d’observateurs et même du côté algérien, malgré un souvenir américain de la CAN 2023 face à la Mauritanie sous son sifflet, c’était un choix fort et rassurant pour un match aussi explosif.
🚨🚨🚨 La CAF a désigné l’arbitre somalien Omar Artan pour diriger le quart de finale de la CAN 2025 entre l’Algérie et le Nigeria.
Il avait déjà officié l’Algérie lors de la CAN 2023, notamment lors du match Algérie – Mauritanie. pic.twitter.com/GZ0ndlu434
— La Vague Verte ⭐️🇩🇿⭐️ (@la_vagueverte) January 7, 2026
Mais moins de 48 heures plus tard, coup de théâtre : la CAF retire Artan de la rencontre. La raison ? Une violation des obligations contractuelles liées aux sponsors. L’arbitre aurait porté des crampons d’une marque non homologuée par la Confédération Africaine de Football, en contradiction avec les accords commerciaux stricts de la CAN 2025. Une décision qui peut paraître sévère quand on sait que l’intéressé réaliserait un excellent tournoi, mais qui illustre la rigidité de la CAF sur les questions de sponsoring et de visibilité des partenaires officiels.
En urgence pour ce quart de finale de la CAN 2025, la CAF a donc nommé le Sénégalais Issa Sy au centre. L’officiel, du déjà vu à la VAR lors du 8e de finale Maroc – Tanzanie, est assisté par ses compatriotes Djibril Camara et Nouha Bangoura, avec le Kenyan Gilbert Kipkoech Cheruiyot comme troisième assistant et Peter Waweru Kamaku (Kenya) en quatrième arbitre. À la vidéo, on retrouvera le Gabonais Pierre Ghislain Atcho, épaulé par Stephen Onyango Yiembe (Kenya) et Leticia Antonella Viana (Eswatini), sous l’œil de l’assesseur Yahya Hadqa (Maroc).
🚨🇩🇿 Somali ref Omar Artan is OUT. Senegalese referee Issa Sy to take charge of Algeria vs Nigeria.
Sy was on VAR for Morocco vs Tanzania, when he failed to send the ref to the monitor for the clear push by Masina. pic.twitter.com/AJg46lbkb9
— Dean Ammi (@AlgerianFooty) January 9, 2026
Sy est un arbitre expérimenté, habitué aux grands rendez-vous africains. Son profil neutre, aucune des deux nations n’est le Sénégal, devrait apaiser une partie des tensions même si certains partisans algériens et nigériens scrutent déjà d’un œil méfiant la présence marocaine dans l’évaluateur.
Ce feuilleton s’inscrit dans une phase finale de la CAN 2025 où l’arbitrage fait polémique quasi-quotidienne. La Fédération marocaine (FRMF) a obtenu gain de cause pour changer l’arbitre initial de son quart contre le Cameroun. L’Égyptien Amin Omar remplacé par le Mauritanien Dahane Beida, après protestation contre un VAR algérien. Des retards inhabituels dans les annonces, des soupçons de conflits d’intérêts géopolitiques. La CAN 2025, disputée au Maroc, se termine dans une ambiance de défiance généralisée.
Dans ce climat, chaque décision sur le terrain sera passée au crible. Riyad Mahrez et ses coéquipiers, invaincus et ultra-solides défensivement, un seul mais encaissé en quatre matchs, affronteront des Super Eagles ultra-offensifs, 12 buts marqués, apportés par Osimhen, Lookman et Iwobi. Le match peut basculer sur un détail, une pénalité litigieuse, une expulsion ou un simple regard de travers.
La CAF a voulu trancher vite pour préserver la sérénité du match. Reste à savoir si cette dernière minute suffira à éteindre les débats. Dans un quart aussi relevé, où l’Algérie rêve de revanche sur 2019 et où le Nigeria veut confirmer son statut de candidat sérieux au titre, l’arbitrage ne doit surtout pas devenir le personnage principal.