
Patrice Motsepe, Président de la CAF.
La décision du Jury d’appel de la CAF, considérant que le Sénégal s’est « retiré » du match et attribuant la victoire au Maroc par forfait (3-0), lui offrant ainsi le titre continental, a provoqué un séisme dans le monde du football africain, principalement au Sénégal. Colère populaire, accusations de partialité envers le pays hôte, et un recours déposé devant le Tribunal Arbitral du Sport (TAS). Près d’un mois plus tard, la plaie reste ouverte, d’autant que plusieurs supporters sénégalais sont toujours concernés par des procédures judiciaires au Maroc.
Du Sénégal 🇸🇳 au Maroc 🇲🇦, le président de la Confédération africaine de football (CAF), Patrice Motsepe, multiplie les visites diplomatiques pour éteindre l’incendie de la finale controversée de la CAN 2025.
Mais joue-t-il vraiment le rôle d’arbitre impartial ou celui d’un… pic.twitter.com/RxFhdDvehX
— Ablam GNAMESSO (@AblamGnamesso) April 10, 2026
C’est dans ce contexte explosif que Patrice Motsepe a entamé sa tournée « de réconciliation ». Mercredi à Dakar, il rencontre le président sénégalais Bassirou Diomaye Faye et multiplie les promesses : réformes profondes, transparence accrue, une CAN future « sans tache ». Il parle d’unité africaine et tente d’apaiser les esprits en promettant que personne ne bénéficiera d’un traitement de faveur.
Le lendemain, à Rabat, Patrice Motsepe salue « les relations excellentes » entre la CAF et le Maroc, rend hommage au travail de Fouzi Lekjaa et à la direction politique du royaume. Il réaffirme son « engagement total » envers le peuple marocain et les 54 fédérations du continent.
Entre les deux capitales, le même discours : « travaillons ensemble pour le développement du football africain ». Mais les observateurs y voient surtout une stratégie classique du « jeu sur les deux tableaux ». À Dakar, on caresse les sentiments blessés ; à Rabat, on flatte l’hôte puissant et organisateur. Des mots doux des deux côtés, sans véritable solution concrète sur la table pour résoudre le fond du litige, toujours pendant devant le TAS.
À Dakar (Sénégal 🇸🇳), on caresse les sentiments blessés ; à Rabat (Maroc 🇲🇦), on flatte l’hôte puissant et organisateur. Des mots doux des deux côtés, sans véritable solution concrète sur la table pour résoudre le fond du litige, toujours pendant devant le Tribunal arbitral du… pic.twitter.com/nZHOKAUGTi
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Cette diplomatie pose une question légitime : Patrice Motsepe cherche-t-il vraiment à cicatriser les plaies du football africain, ou simplement à préserver l’image de son institution et la sienne ? La CAF, déjà critiquée pour sa gestion, ne peut se permettre une fracture durable entre deux grandes nations du football continental.
Le vrai test viendra dans les prochains mois. Si le TAS confirme ou infirme la décision, la CAF devra assumer les conséquences sans ambiguïté. En attendant, Patrice Motsepe continue son numéro d’équilibriste. Mais sur un fil aussi tendu, il est rare de plaire durablement aux deux extrémités sans finir par tomber.