Il y a des convocations qui en disent long. Celle adressée par Fouzi Lekjaa à Walid Regragui, ce jeudi, au Complexe Mohammed VI de Maâmoura, ressemble à un point final plus qu’à une simple réunion de travail. Premier face-à-face officiel depuis la finale du 18 janvier, et peut-être dernier acte d’une collaboration entrée dans sa zone de turbulence.
Selon plusieurs sources concordantes, la Fédération royale marocaine de football finalise les contours d’une séparation devenue, en interne, quasi inévitable. Le président de la FRMF, également à la tête de la commission des équipes nationales, a convoqué le sélectionneur pour un entretien qualifié de « décisif ». Derrière les portes closes de Maâmoura, il sera question d’avenir. Et surtout, de la fin d’un cycle.
View this post on Instagram
Mais une question flotte toujours : où est Walid Regragui ?
Le technicien marocain avait choisi la France comme point de chute immédiat après sa conférence de presse consécutive à la défaite en finale face au Sénégal. Interrogé frontalement sur une éventuelle démission — « aujourd’hui ou demain matin ? » — il n’avait pas tranché publiquement.
Officiellement, aucune lettre n’a été actée à Rabat. Officieusement, le scénario est plus nuancé. Le sélectionneur aurait bien rédigé une démission, confiée à des proches, évoquée dans des cercles restreints entre Rabat et Paris. Une manière de reprendre la main dans la communication, alors que son contrat court théoriquement jusqu’après la Coupe du monde 2026.
Les médias français, notamment RMC et BFM, ont rapidement relayé l’existence de tensions et l’hypothèse d’un départ. À Rabat, la réaction institutionnelle s’est limitée à un démenti formel, sans aller jusqu’à réaffirmer une confiance pleine et entière. Un détail qui n’en était pas un.
Regragui a bien effectué un passage par Maâmoura après sa période de repos post-CAN. Un retour discret à son bureau, avant un nouveau départ vers Paris. Il n’a pas pris part à certaines activités institutionnelles, notamment l’événement organisé autour de la tournée du trophée de la Coupe du monde. Un retrait remarqué.
Simple parenthèse ou au revoir silencieux ?
En interne, certains y ont vu le signe d’une séparation déjà intégrée.
Sur le bureau de Fouzi Lekjaa, plusieurs CV seraient déjà à l’étude. La Fédération anticipe. Le Maroc, engagé dans un cycle stratégique à l’approche des grandes échéances internationales, ne peut se permettre une zone grise prolongée.
Reste désormais la forme : démission négociée, résiliation d’un commun accord ou communication institutionnelle maîtrisée. Le fond, lui, semble acté.
À Maâmoura, ce jeudi, il ne sera peut-être pas seulement question d’un bilan. Mais d’un départ.