Un mois après la finale de la Coupe d’Afrique des Nations perdue face au Sénégal, l’avenir de Walid Regragui à la tête de la sélection marocaine demeure entouré d’un épais brouillard. Le sélectionneur national n’est toujours pas apparu publiquement, tandis que la Fédération Royale Marocaine de Football maintient un silence pesant, sans décision officielle sur son sort.
Ce mutisme prolongé a nourri les spéculations et exacerbé l’impatience de l’opinion publique. Une question domine désormais les débats : Walid Regragui poursuivra-t-il sa mission à la tête des Lions de l’Atlas ou la page s’apprête-t-elle à se tourner ? L’interrogation est d’autant plus pressante que deux rencontres amicales sont programmées à la fin du mois de mars, le 27 face à l’Équateur à Madrid, puis le 31 face au Paraguay à Lens, échéances qui nécessitent une visibilité technique et institutionnelle.
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Selon des informations concordantes, deux réunions ont eu lieu la semaine dernière entre le président de la Fédération, Fouzi Lekjaa, et le sélectionneur national. Ces échanges, organisés dans la plus stricte discrétion, n’ont été suivis d’aucune communication officielle. Ni la Fédération ni le principal intéressé n’ont dévoilé la teneur des discussions, laissant place aux interprétations et aux hypothèses.
Toujours selon nos sources, Walid Regragui aurait exprimé sa volonté de quitter ses fonctions. Certains évoquent même une démission présentée dès le lendemain de la finale du 18 janvier, restée sans réponse formelle. Une situation qui traduit la complexité du dossier, où les considérations sportives se mêlent aux réalités contractuelles.
Sous contrat jusqu’en août 2026, Regragui dispose d’un engagement solide qui complique toute rupture rapide. Si l’hypothèse d’une séparation à l’amiable n’est pas exclue du côté des dirigeants, les modalités juridiques et financières imposent un processus maîtrisé.
Dans ce contexte, le sélectionneur semble également activer certains leviers extérieurs pour renforcer sa position. Des articles parus dans la presse française ont alimenté les spéculations autour de son avenir, notamment en évoquant un intérêt de l’Olympique de Marseille. Si ces informations restent non confirmées, elles participent à installer un rapport de force implicite entre les deux parties.
La gestion du poste de sélectionneur national a toujours constitué un sujet sensible au Maroc. Ce qui explique en partie la prudence de la Fédération, dont le seul communiqué publié récemment s’est limité à démentir les rumeurs de démission, sans clarifier la suite du projet technique.
Pendant ce temps, Walid Regragui multiplie les déplacements entre Rabat et Paris, conscient de la pression médiatique et populaire qui s’intensifie. Au-delà de l’aspect institutionnel, la situation sportive elle-même reste marquée par les séquelles de la finale perdue, avec un climat interne décrit comme tendu et certaines fractures encore non résorbées au sein du vestiaire.
À l’approche du rassemblement de mars, l’urgence d’une décision devient évidente. Le Maroc ne peut se permettre d’aborder ses prochaines échéances dans l’incertitude. Le choix qui sera effectué par la Fédération ne déterminera pas seulement l’identité du sélectionneur, mais aussi la direction sportive d’une équipe appelée à se projeter vers les prochaines compétitions continentales et internationales.
Pour l’heure, l’avenir de Walid Regragui reste suspendu entre continuité et rupture. Une série à rebondissements dont l’épilogue est désormais attendu avec impatience par tout un pays.