
Le Sénégal prépare une riposte juridique musclée contre la CAF devant le TAS
Après la décision controversée de la Commission d’appel de la Confédération Africaine de Football (CAF) qui a retiré au Sénégal son titre de champion d’Afrique 2025 au profit du Maroc, la Fédération Sénégalaise de Football (FSF) ne compte pas baisser les bras. Elle a tracé une stratégie légale offensive, en s’appuyant notamment sur des avocats ayant déjà fait plier la CAF par le passé.
Pour la FSF et le gouvernement sénégalais, cette décision est « inique » et « discrédite le football africain ». Le secrétaire général de la Fédération, Abdoulaye Seydou Sow, a confirmé que des avocats ont déjà reçu mandat pour saisir le Tribunal Arbitral du Sport (TAS) à Lausanne « dans les plus brefs délais ».
Dossier du Sénégal au TAS (Tribunal arbitral du sport), 17 pages. pic.twitter.com/5NwMS70bbG
— Ablam GNAMESSO (@AblamGnamesso) March 19, 2026
Le Sénégal a fait appel à un cabinet d’avocats expérimenté, dirigé par l’avocat sénégalais Sido Diallo, qui avait déjà défendu avec succès les intérêts du Maroc en 2015. À l’époque, face à la CAF d’Issa Hayatou, le cabinet composé d’experts marocains, français et internationaux avait permis au Maroc d’échapper à une lourde suspension et à une amende après son refus d’organiser la CAN en raison de l’épidémie d’Ebola. Ce choix n’est pas anodin : le Sénégal utilise aujourd’hui les mêmes armes juridiques qui avaient profité au Maroc il y a onze ans. Moussa Mbay, membre du comité exécutif de la FSF, insiste sur une approche « calme et mesurée », tout en affirmant que « tous les moyens légaux seront mobilisés pour défendre les intérêts du football sénégalais ».
🇲🇦🇸🇳| Moussa Mbaye, membre du COMEX de la FSF, rétablit la vérité sur la télévision nationale sénégalaise 🇸🇳.
« Le TAS n’a rendu AUCUNE DÉCISION dans le dossier opposant la FSF à la CAF, contrairement aux informations relayées sur les réseaux » pic.twitter.com/XtLyIUOYzj https://t.co/0Tj4SOmApI
— Morocco Intel (@MoroccoIntel) March 24, 2026
Le recours au TAS devrait être déposé dès mardi. Contrairement à certaines procédures, il n’entraînera pas automatiquement la suspension de la décision de la CAF.
Les articles 82 et 84 du règlement de la CAN sont clairs : tout abandon ou retrait non autorisé du terrain entraîne la défaite par forfait et l’élimination. Cependant, la CAF n’avait pas appliqué cette sanction immédiatement après le match seulement une amende et une suspension pour le sélectionneur. Ce revirement en appel soulève des questions sur la cohérence de l’instance.
Dossier signé RTS1 – Retrait du titre de la CAN 2025 au Sénégal : Une forfaiture dictée par des intérêts marocains pic.twitter.com/8Csw6VrBB4
— Ablam GNAMESSO (@AblamGnamesso) March 21, 2026
Les observateurs estiment que le dossier sera complexe : il faudra prouver soit une mauvaise application du règlement, soit une violation des principes généraux du droit sportif proportionnalité de la sanction, protection du résultat sportif, etc. Le TAS, connu pour son indépendance, pourrait trancher dans les mois à venir, voire dans un an.
En attendant, le football africain reste divisé. D’un côté, le Maroc savoure un titre historique, de l’autre, le Sénégal, double champion en titre (2021 et 2025 avant la décision), crie à l’injustice.
La balle est désormais dans le camp du TAS. Le Sénégal, connu pour sa combativité, compte bien transformer cette défaite administrative en victoire juridique.