
Patrice Motsepe & Gianni Infantino
Deux mois après une finale chaotique, le football africain bascule dans une crise majeure. Le gouvernement sénégalais a exigé mercredi l’ouverture d’une enquête internationale indépendante pour « soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF ». En cause, la décision du jury d’appel de la Confédération africaine de football (CAF) de retirer aux Lions de la Teranga du Sénégal leur titre de champion d’Afrique 2025, remporté sur le terrain (1-0 après prolongation contre le Maroc), pour l’attribuer sur tapis vert au pays hôte.
Le 17 mars, le jury d’appel de la CAF invoque les articles 82 et 84 du règlement de la CAN : une équipe qui « refuse de jouer ou quitte le terrain avant la fin réglementaire » est forfait. Résultat homologué 3-0 pour le Maroc. Le titre change de mains sur décision administrative.
Dans un communiqué officiel publié ce mercredi, le gouvernement sénégalais, par la voix de sa porte-parole Marie Rose Khady Fatou Faye, exprime sa « vive consternation » :
« Cette décision inédite, d’une gravité exceptionnelle, heurte de front les principes cardinaux qui fondent l’éthique sportive : équité, loyauté et respect de la vérité du terrain. Elle procède d’une lecture manifestement erronée du règlement, conduisant à une décision grossièrement illégale et profondément injuste. »
🚨 𝗟𝗘 𝗚𝗢𝗨𝗩𝗘𝗥𝗡𝗘𝗠𝗘𝗡𝗧 𝗦𝗘́𝗡𝗘́𝗚𝗔𝗟𝗔𝗜𝗦 𝗗𝗘𝗠𝗔𝗡𝗗𝗘 𝗟’𝗢𝗨𝗩𝗘𝗥𝗧𝗨𝗥𝗘 𝗗’𝗨𝗡𝗘 𝗘𝗡𝗤𝗨𝗘̂𝗧𝗘 𝗣𝗢𝗨𝗥 𝗦𝗢𝗨𝗣𝗖̧𝗢𝗡𝗦 𝗗𝗘 𝗖𝗢𝗥𝗥𝗨𝗣𝗧𝗜𝗢𝗡 𝗔𝗨 𝗦𝗘𝗜𝗡 𝗗𝗘𝗦 𝗜𝗡𝗦𝗧𝗔𝗡𝗖𝗘𝗦 𝗗𝗜𝗥𝗜𝗚𝗘𝗔𝗡𝗧𝗘𝗦 𝗗𝗘 𝗟𝗔 𝗖𝗔𝗙 !! 😱🇸🇳
“Le Gouvernement du… pic.twitter.com/iljS3HdSao
— Instant Foot ⚽️ (@lnstantFoot) March 18, 2026
Dakar rejette « sans ambiguïté cette tentative de dépossession injustifiée » et demande explicitement « l’ouverture d’une enquête internationale indépendante pour soupçons de corruption au sein des instances dirigeantes de la CAF ». Le gouvernement annonce qu’il épuisera « toutes les voies de recours appropriées, y compris devant les instances juridictionnelles internationales compétentes » (le Tribunal arbitral du sport à Lausanne est déjà dans le viseur de la Fédération sénégalaise).
Le texte renouvelle également la solidarité nationale envers les supporters sénégalais détenus au Maroc depuis les incidents de la finale et promet une mobilisation totale « pour une issue heureuse dans les meilleurs délais ».
Claude Le Roy, ancien sélectionneur et observateur averti du football africain, parle d’« effarement » et de « décisions grand-guignolesques » : « Personne ne peut envisager que le Sénégal ne soit pas maintenu champion. Le TAS reviendra sur cette décision. »
Au Sénégal, la colère est unanime. La Fédération avait déjà qualifié la mesure d’« inique et inacceptable ». Sur les réseaux, les supporters parlent de « vol organisé » et exigent des explications.
Pour la CAF, déjà fragilisée par des critiques récurrentes sur sa gouvernance, cette affaire risque d’être un tournant. Si une enquête internationale voit le jour, elle pourrait ébranler durablement la crédibilité de l’institution continentale.
Le Sénégal, double champion d’Afrique (2021 et 2025 sur le terrain), refuse de se laisser déposséder.